Faits & chiffres

Le nouvel acteur de l'e-commerce Cdiscount est "une opportunité pour les commerçants en Wallonie"


Un nouvel acteur de l’e-commerce déboule donc sur le marché belge dans le secteur non alimentaire en visant d’abord le marché francophone. Une bonne nouvelle pour les consommateurs et les commerçants ?

Sofie Geeroms, la patronne de BeCommerce, l’association belge des entreprises actives dans toutes les formes de commerce électronique, le pense.

"La Belgique a un retard vis-à-vis des pays voisins en matière d’e-commerce et au sein de la Belgique, la Wallonie accuse aussi un retard vis-à-vis de la Flandre. C’est une bonne chose qu’un grand joueur comme Cdiscount arrive chez nous : ils ont une plateforme puissante et génèrent un important trafic. Et pour beaucoup de commerçants, prendre ce chemin de l’e-commerce ne se limite pas à créer un ‘webshop’. Encore faut-il être capable de créer du trafic important pour qu’ils puissent espérer vendre leurs produits. Et c’est cela qu’une ‘market place’ comme Cdiscount ou Amazon offre aux commerçants locaux", explique Sofie Geeroms. Et d’ajouter : "C’est donc quelque chose de positif et une opportunité pour les commerçants en Wallonie qui pourront se connecter à cette plateforme et bénéficier d’une série de services en évitant des frais. Car la numérisation exige des investissements conséquents, financiers mais aussi dans le management. Des grandes enseignes comme Decathlon par exemple ont les moyens pour aborder ce virage numérique, pas les petits commerçants. Et s’ils ne veulent pas rater ce train de la digitalisation, ils vont pouvoir s’appuyer sur les plateformes de ces grands joueurs comme Cdiscount."

Pour la patronne de BeCommerce, l’arrivée de Cdiscount sur le sol belge, après d’autres grands acteurs internationaux de l’e-commerce, illustre aussi un manque d’anticipation. "Si vous m’aviez demandé si j’aurais préféré qu’une grande plateforme belge d’e-commerce voit le jour, je vous aurais répondu oui. Mais, en Belgique, on n’a pas fait ce choix. Contrairement à certains projets qui ont vu le jour aux Pays-Bas ou en France par exemple, personne ne s’est levé en Belgique il y a dix ou quinze ans pour aller dans cette voie. Nous avons un projet en Flandre avec Storesquare mais qui a visiblement des difficultés à créer un trafic suffisant", ajoute notre interlocutrice. Est-il donc trop tard pour espérer

voir émerger un Amazon "made in Belgium" ? "Pour créer du trafic, il faut soit un marché local important, soit du temps. En Belgique, nous n’avons aucun des deux : le marché local est petit et nous n’avons pas anticipé ce mouvement vers l’e-commerce. Je ne veux pas être pessimiste mais les deux facteurs clés ne sont pas à notre avantage. On ne crée pas du trafic en une journée…".

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