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Comment rendre ses achats en ligne plus écologiques ?


10,67 milliards €. C’est la somme dépensée en ligne en 2018 par les Belges, une augmentation d’un demi-milliard d’euros par rapport à 2017! Sur l’année, le Belge ferait en moyenne 11,6 fois des courses en ligne pour un montant moyen de 1.273€, d’après BeCommerce, l’association belge des boutiques en ligne et des entreprises de vente à distance. Pour certains, il s’agit d’une manière plus confortable d’effectuer son shopping sans bouger ses fesses de son canapé. Pour d’autres, c’est également une véritable démarche écologique. Mais l’e-commerce est-il réellement moins polluant ?

Sans surprise, les deux manières de faire du shopping ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Une étude publiée par le MIT Center for Transportation & Logistics, spécialisé dans la recherche en matière de transport, montre d’ailleurs que l’achat le plus polluant consiste à aller évaluer un colis en magasin, l’acheter en ligne via le mode de livraison en moins d’un jour, comme c’est possible sur Amazon, avant de le renvoyer.

Pour le reste, plusieurs facteurs rentrent bien évidemment en compte au moment d’acheter des produits en ligne. Il ne faut pas oublier que l’utilisation de serveurs est extrêmement énergivore, notamment lorsqu’on parle de mastodontes du commerce en ligne comme Amazon. En plus de leurs tailles gigantesques, les serveurs doivent également être refroidis en permanence. Or, «faire du froid», cela demande également de l’énergie. Et si Amazon assure depuis plusieurs années vouloir gérer ses centres de données grâce à 100% d’énergie verte, un rapport de Greenpeace publié en février dernier sème le doute. Dans ce rapport et malgré ses engagements, on apprend qu’Amazon aurait, depuis 2016, de plus en plus délaissé l’énergie renouvelable au profit d’énergies fossiles.

Ce que l’e-commerce perd en serveurs, il le récupère par contre en espaces de stockage. Les entrepôts de stockage seraient en effet deux ou trois fois moins éclairés qu’une boutique accueillant des clients, selon une étude de l’École supérieure française des technologies industrielles avancées. Des économies sont aussi effectuées au niveau du chauffage en hiver et de la climatisation en été.

Le problème de la livraison
Votre choix de livraison aura également un impact majeur sur votre empreinte environnementale. Depuis quelques années, certains sites proposent de se faire livrer en moins de 24 heures, voire même en moins de deux heures pour certains produits. Si cette vitesse de livraison est alléchante au premier abord, elle représente surtout une nuisance d’un point de vue écologique. En voulant aller toujours plus vite, ce sont des camionnettes à moitié remplies qui se rendent chez les consommateurs. Or, la multiplication de ces trajets «à vide» augmente l’impact écologique. Pour lutter contre ce phénomène, pensez à effectuer une grosse commande plutôt que plusieurs petites, tout en privilégiant la livraison, souvent gratuite, en deux et trois jours. Cela permet également de lutter contre les géants du web qui étouffent littéralement les plus petits sites avec des promesses de livraisons impossibles à tenir pour ces derniers. Dans la mesure du possible, optez également pour les points relais qui éviteront au livreur d’arriver devant une porte fermée.

Toujours sur la question de la mobilité, une étude de l’Université de Delaware en 2015 s’intéressait à l’impact de l’e-shopping sur la proportion de voitures sur les routes. En analysant les habitudes des habitants de Nawark, dans la banlieue de New York, les chercheurs se sont rendu compte que les consommateurs utilisaient le temps économisé par le shopping en ligne pour faire d’autres activités nécessitant la voiture, augmentant de facto la pollution.

Des retours polluants
Restent les questions des emballages et des retours. En ce qui concerne les emballages, tout dépend de l’endroit où vous faites vos achats. Alors que certains sites n’hésitent pas à rajouter des plastiques et autres boîtes parfois inutiles, d’autres permettent de se faire livrer le produit dans son emballage d’origine, comme s’il avait été acheté en magasin, voire dans des emballages recyclables. Veillez donc à ne pas favoriser des revendeurs qui favorisent le suremballage. Les retours, eux, représentent aussi une catastrophe d’un point de vue écologique. À cause d’un retour, votre colis va faire deux fois son trajet et donc doubler la consommation d’énergie liée à celui-ci. Evitez donc d’acheter des produits que vous n’êtes pas sûrs de garder.

Vu le nombre insuffisant d’études s’intéressant à la question, il est difficile de mesurer l’impact environnemental réel de l’e-commerce par rapport au shopping traditionnel. Plusieurs résultats tendraient toutefois à montrer que l’e-commerce serait un peu moins polluant. Surtout si l’on fait attention à ces petites gestes qui font la différence et que l’on fait preuve de bon sens. Un produit acheté dans un magasin se trouvant sur le chemin du travail aura par exemple un moins gros impact écologique que celui acheté en ligne.

Dernier conseil et non le moindre. En ligne, optez, quand vous en avez la possibilité, pour les sites de petits commerces locaux qui fleurissent sur le web. Et pour ceux qui voudraient aller encore plus loin, le site www.ecommerce-platforms.com a publié dernièrement les dix boutiques en ligne les plus éthiques se trouvant sur le net. (cd)

 

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